J'utilise évidemment les cartes
topographiques classiques au 1 :25000 pour la randonnée. Elles
sont précieuses pour préparer son itinéraire ou pour faire le point
en gardant une vue d'ensemble de la région traversée tout en ayant
un niveau de détail et d'information extraordinaire. Leur poids est
faible et elles « fonctionnent » en toutes circonstances,
sans source d'énergie, enfin presque ! Elles présentent
cependant quelques inconvénients :
Leur grande surface qui est un avantage pour la
vue d'ensemble se révèle un inconvénient lorsque le temps est
venteux. Si par surcroît, il fait pluvieux, cela devient vite un
exercice difficile de déplier / replier la carte juste là où il
faut avant de la protéger des intempéries qui auront tôt fait de la
détruire.
Deuxième inconvénient: la carte papier n'est pas
lumineuse. Pour la consulter dans la pénombre ou l'obscurité, on
doit donc disposer d'un éclairage indépendant qu'il faut tenir dans
une main et la carte dans l'autre. Une solution plus efficace est
de s'équiper d'une lampe frontale (étanche !) qui libère ainsi
les deux mains.
Troisième inconvénient et c'est le
principal: la carte papier ne vous dit pas directement où vous
êtes et n'enregistre pas où vous êtes passé ! Si vous
avez été observateur et avez mémorisé votre déplacement depuis le
dernier point connu, alors tout va bien, vous retrouverez
rapidement votre position sur la carte. Il ne vous reste alors qu'à
sortir votre boussole, orienter votre carte et suivre la direction
de votre itinéraire. Mais souvent, vous n'avez pas envie de marcher
le nez dans la carte en permanence et vous avez été distrait depuis
votre dernière lecture (à quoi servirait une randonnée si ce
n'était pour s'évader et se libérer l'esprit ?). Vous vous
êtes arrêté pour observer une fleur, vous avez bavardé avec votre
compagnon de route en oubliant un temps la navigation ou tout
simplement votre mémoire vous fait défaut et vous ne savez plus si
vous avez tourné à gauche ou à droite, traversé une sapinière ou
des feuillus, dépassé une chapelle ou un simple carrefour, traversé
une clairière ou un ruisseau, bref vous êtes perdu ! Il ne
vous reste plus qu'à rechercher sur le terrain quelques points de
repère caractéristiques (clocher, rivière, colline, croisement de
chemin, lisière...) qui, mis ensemble, vous donneront probablement
une bonne estimation de votre position.
Pour éviter ces inconvénients et donc améliorer
le confort de la randonnée, je me suis équipé d'un GPS et des
cartes topographiques électroniques. Mon choix s'est porté (juin
2010) sur un GPS Garmin Oregon 450 qui combine des caractéristiques
intéressantes : poids, alimentation par accus AA
rechargeables, autonomie d'une journée de marche, taille et
lisibilité de l'écran même au soleil, étanchéité, réputation de la
marque pour ce type d'utilisation... Je ne souhaite pas me lancer
ici dans un comparatif des GPS du marché qui, de toute façon, n'a
de valeur que pendant quelques semaines, voire au plus quelques
mois. Les sites spécialisés ne manquent pas à ce sujet.
Je ne veux pas non plus décrire ici le mode
d'emploi ni les nombreuses fonctions disponibles sur ce genre
d'équipement mais simplement expliquer ce que j'en fais
principalement lors de mes voyages.
Le plaisir de la marche commence dans la
planification de l'itinéraire : confortablement installé
devant votre (grand) écran d'ordinateur, vous disposez tout à la
fois des cartes papier dépliées, de la carte électronique, des
guides divers... Vous dessinez alors votre parcours probable en
repérant les divers points d'intérêt et vous transférez le tout sur
votre GPS sans oublier de charger les batteries et d'en prévoir en
réserve. Vous avez ainsi réalisé une première fois le voyage, dans
votre imagination.
Au départ de votre randonnée, vous allumez le GPS
de manière à conserver le « tracé » réel de votre
parcours. A partir de ce moment, le GPS enregistre en permanence
votre position à intervalle de temps ou de distance prédéfini, par
exemple tous les 50 mètres.
Pendant la promenade, le GPS doit être accessible
aisément et pouvoir capter le signal. J'ai choisi de le positionner
sur la poitrine, maintenu par un mousqueton et un sandow pour
éviter les ballottements (voir photo). Les cartes papiers et la
boussole sont rangées soigneusement dans le sac à dos, au cas où...
Il ne me reste plus qu'à profiter totalement de tout ce qui
m'entoure, observer, écouter, photographier, rêver, suivre les
balises éventuelles et, dans le doute, jeter un rapide coup
d'œil sur le petit écran et ce, par tous les temps. Pratique,
non ?
Maintenant, le voyage est accompli dans sa
réalité et, de retour devant votre ordinateur, vous n'avez plus
qu'à transférer la trace de votre parcours sur la carte
électronique et refaire ainsi une troisième fois le voyage, en
confrontant vos plans et vos réalisations. C'est à ce moment
également que vous « géolocalisez » vos photos sur votre
parcours en comparant l'heure des prises de vue et les informations
de temps enregistrées sur la trace. Il ne faut pas oublier de
vérifier préalablement l'exactitude de l'heure de votre appareil
photo, votre GPS étant lui, par conception, toujours à l'heure,
mieux encore qu'à la seconde près ! Vous pouvez aussi très
aisément enregistrer votre parcours sous le format standard GPX et
le publier sur des sites spécialisés tels que Wikiloc pour le
partager avec d'autres randonneurs. Tous mes parcours sont ainsi
disponibles ici.
En conclusion, le GPS et la cartographie
électronique apportent un complément intéressant à la cartographie
papier. Cela augmente le confort et le plaisir de la randonnée,
tant avant que pendant et après celle-ci.